WHEDONVERSE : TALES OF BUFFY

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« i don't want to live on the moon. » Ϟ NOLAN ♥.

Sven J. Ohlsson
ÂGE : 24
ANNIVERSAIRE : 20/10/1994
DATE D'INSCRIPTION : 14/07/2012
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Jeu 23 Aoû 2012, 11:04 am


« no alibi. »


Sven était debout devant la porte de Nolan. Et il attendait. Depuis combien de temps, maintenant ? Oh, approximativement trois quarts d’heure. Oui, mais il était tout juste 9h30. Du matin. Voilà pourquoi il attendait. Il n’osait pas frapper, de peur que son petit bonhomme ne dorme encore. Ou qu’il ne déjeune avec sa nouvelle petite amie. Le suédois déglutit doucement, tout en se dandinant d’un pied sur l’autre. Finalement, il se décida à s’asseoir, après une grosse quarantaine de minutes à piétiner. Ok, on s’rassemble. Et on fait le point. Depuis quand est-ce qu’il avait peur de rentrer chez les gens comme ça, hmm ? Ou pire même, de juste toquer à leur porte ? Il fut un temps où il serait rentré comme un moulin dans la maison de Nolan, et celui-ci n’y aurait présenté absolument aucune objection, si ce n’est un petit gémissement désapprobateur en disant que ce n’était pas très poli. Sven se serait excusé. Il serait sorti. Aurait refermé la porte derrière lui. Puis, sous un soupir désespéré de Nolan, il aurait frappé poliment. Mais là, il n’osait même pas toucher la porte. Pourtant, elle ne puait pas, elle ne piquait pas, elle n’était pas repoussante. Aucun cauchemar apparent ne l’attendait derrière. La bouille de son petit bonhomme était plus un doux rêve qu’autre chose depuis des mois. Des mois… Des mois que Sven n’avait pas revu Nolan. Et cette saloperie de bout de chou lui avait terriblement manqué. Mais en était-il de même pour le jeune peintre ? S’était-il seulement rendu compte que Sven n’était pas venu avec lui en Irlande, et qu’il n’avait eu aucune nouvelle depuis des mois également ? Apparemment, ça n’avait pas eu l’air de l’inquiéter, en tout cas. Sven comprenait son geste, de rentrer chez soi, comme ça, sur un coup de tête. Mais il l’avait quelque peu… Mal pris. Nolan avait été là pour lui durant toute sa convalescence. Il l’avait aidé tout le temps qu’il avait été en fauteuil roulant, et Sven s’était réellement pris d’affection pour lui. Il avait passé plusieurs mois à papoter de tout et de rien avec petit bonhomme, lui montrant sa stupidité minimum trois fois par jour, que ce soit pour faire des parcours du combattant en fauteuil roulant, ou bien encore faire des crêpes alors qu’il n’arrivait pas à la hauteur de la gazinière, ou bien même essayer de faire des dérapages en fauteuil, qui se terminaient bien souvent la tête la première dans le canapé, avec le fameux fauteuil hors d’accès. Oui. Notre nounours avait été intenable, et insupportable. Un véritable gamin à s’occuper. Et quand il avait recommencé à marcher, il avait tout de suite voulu en faire trop, et retrouver l’ensemble de ses capacités motrices sans aucun problème. Le pauvre Nolan s’en était sûrement arraché des touffes de cheveux dans son dos. Mais ça n’arrêtait pas Sven, qui voulait à tout prix retrouver sa condition physique pour pouvoir faire du sport. Du sport. Et encore du sport. Arrêter de boire pour oublier — surtout qu’en présence de petit bonhomme ça s’était avéré trèstrèstrès compliqué — et reprendre le sport, pour se défouler. Et ç’avait été long, d’attendre. Vraiment très long. Et puis, quand Sven avait réussi à s’en remettre entièrement, qu’il avait pensé pouvoir passer plus de temps avec Nolan dans des endroits plus accessibles pour lui désormais, l’irlandais était venu le voir. Pour lui dire qu’il retournait quelques temps dans son pays natal. Gifle monumentale pour Sven, qui s’était soudain senti comme un poids pour lui. Un poids que Nolan avait trimballé durant des mois. Et maintenant qu’il en était allégé, il voulait prendre des vacances bien méritées. Des vacances, loin de tout. Loin de Sven. Comme pour étouffer quelque chose, tuer une attache avant qu’elle ne prenne trop d’importance, et ne les blesse tous les deux. Voilà comment Sven l’avait pris. Pas une seconde il n’avait pu imaginer que Nolan était simplement partie par envie soudaine, pour revoir sa famille, ou que savait-il encore. Et maintenant qu’il savait qu’il était revenu, il n’avait qu’une seule peur ; qu’il ne soit pas rentré seul. Après tout, il s’en passait des choses en six mois … Découvrir une jolie fille en train de préparer le petit déjeuner à son petit bonhomme. Voilà ce qui aurait brutalement assassiné Sven. Et voilà pourquoi il se refusait de toquer à la porte, de prendre le risque de découvrir quelque chose qui ne lui aurait pas plu. Il n’avait pas envie de se faire du mal. Et il savait que s’il trouvait quelqu’un en compagnie de Nolan, il souffrirait le martyr. Deviendrait sec. Froid. Et partirait aussitôt, en espérant simplement ne jamais le revoir. C’était comme ça que ça se passait, dans la tête de Sven. Pourtant, il aurait tout donné pour revoir ne serait-ce qu’une fois son petit bonhomme. Mais il était tôt. Il avait peur de le déranger. De le réveiller. Raaaaaah. Frapper ou ne pas frapper ?

Doucement, Sven plia ses jambes, relevant légèrement ses genoux, adoptant une posture décontractée. D’aaaaaaccord. On se calme. Ca ne sert à rien de paniquer et de se prendre la tête pour si peu. Il allait bien finir par trouver le courage de toquer à la porte et d’avoir le cœur net de tout cela. Il serait peut-être soulagé. Ou blessé. Mais quoiqu’il en soit, il serait fixé. Attrapant une cigarette, le jeune homme la glissa entre ses lèvres. Il attrapa son briquet, et fit danser la petite flamme devant ses yeux. Mais brusquement, il s’arrêta. Non. Fumer dans un couloir probablement rempli de détecteurs de fumée, très mauvaise idée. D’un geste agacé, pinçant légèrement les lèvres, il rangea sa clope et son briquet, posant par la suite ses coudes sur ses genoux, tendant les bras, laissant ses mains pendre au-dessus de ses pieds. Allez Sven. Il est 9h32. Encore cinq minutes, et tu y vas. 9h37, c’est bien, non ? Bon allez, huit minutes. Comme ça il est 9h40. C’est rond comme chiffre, ça fait mieux. Le jeune homme soupira lentement, ramenant une de ses mains vers son visage pour la passer dans ses cheveux. Il les avait légèrement laissés pousser sur le dessus, les rasant plus court sur les cotés, sans pour autant les avoir réellement à ras. Il s’amusait désormais tout le temps à passer sa main dedans, les ébouriffant, jouant avec. Le passage de sa main laissa un gros épi, mais il ne le remarqua pas. En t-shirt noir et en jean, avec ses converses abîmées et ces biceps tatoués qui apparaissaient après ses manches, Sven n’était pas spécialement le genre de type qu’on venait embêter. On le regardait rarement, ou alors on venait s’en prendre à lui pour des règlements de compte. Peu de personnes se risquaient à venir le voir pour simplement discuter. Hormis des petites filles en manque d’amour et de sexe. C’était cru et atroce de dire ça de la sorte, mais c’était vrai. Elles venaient le voir, l’allumaient, le suppliaient pour une nuit d’amour. Et finalement, elles gagnaient presque toujours. Enfin ça, c’était il y a un an. Le fauteuil roulant avait clairement compliqué la tache, ensuite. Puis il était parti en Australie. Il avait tenté de reprendre ce genre de vie de débauche et des coups d’un soir, mais au bout d’un mois, il s’était rendu malade de ce comportement. Allez savoir pourquoi. Mais depuis, il n’avait plus touché à personne. Hormis une fille, sympathique, qui avait voulu sortir avec lui. Et qui l’avait plaqué au bout d’une semaine. Soi-disant qu’il avait la tête ailleurs et qu’il ne s’intéressait pas du tout à elle. Mouais. Chacun son délire. Toujours est-il qu’après ça, il s’était renfermé, repoussant homme et femme. Et il avait fini par rentrer à Sunnydale. En espérant de tout cœur que petit bonhomme voudrait bien lui reparler après ces mois d’absence réciproque dans leurs vies.

Sven jeta un coup d’œil à sa montre. 9h40. Allez. C’est l’heure. On se lève et on y va. Joignant le geste à la pensée, il s’appuya sur le mur pour se relever. Il inspira un bon coup. Et avant de regretter ou de trop réfléchir à nouveau, il laissa ses doigts glisser sur le bouton de la sonnette pour l’enfoncer. Et il retint son souffle. Est-ce que Nolan était réveillé ? Ou est-ce que le bruit de sa petite cloche d’entrée allait le réveiller ? Allait-il ouvrir ? Ou bien simplement regarder par le petit trou fabriqué à cette intention, puis décider de ne pas se montrer ? Tant de questions trottaient dans l’esprit de Sven… Qui se mit soudain à manquer d’air. Il se relâcha soudain, expirant brutalement, reprenant une grande bouffée d’air frais. Frais ? Quelqu’un avait dû ouvrir une porte ou une fenêtre quelque part. En tout cas, il y avait un courant d’air qui s’infiltrait dans le couloir. Ce qui n’était pas pour déplaire au suédois. Celui-ci n’avait même pas la chaire de poule. Pourtant, il n’avait jamais été dans un pays froid, même pas dans le pays de sa nationalité. Ca devait être dans les gênes. Être aussi résistant qu’un ours polaire. Pourtant, le jeune homme se souvenait très bien de Tobias, qui claquait les dents au moindre coup de vent s’il était en t-shirt. Son frère n’avait jamais rien eu d’un suédois pur souche, contrairement à Sven, pour qui les gens s’étonnaient qu’il n’ait jamais mis les pieds dans le pays d’origine de ses parents. Sven tourna la tête vers la provenance du courant d’air, un petit sourire aux lèvres. Lui qui commençait à avoir des bouffées de chaleur à l’idée de trouver Nolan avec quelqu’un d’autre, ou à la pensée que son petit bonhomme refuse de lui ouvrir, ce coup de vent venait de refroidir sa température corporelle d’un seul coup. Et il se sentait bien mieux. Ah ça oui.

Soudain, un petit bruit attira l’attention de Sven. Une main sur une poignée, de l’autre côté de la porte. Le cœur du suédois se mit à battre à tout rompre, tandis qu’il fixait le battant. Alors. Copine ou pas copine ? En tout cas, il avait l’air de bien vouloir lui ouvrir. Ou alors… Oh mon dieu. Et si c’était carrément la jolie fille qui venait lui ouvrir ? Décidant de faire bonne figure de toute manière, Sven se redressa légèrement, le cœur battant. Et alors que la porte commençait à s’ouvrir, un sourire d’espoir fendit ses lèvres. Pour la première fois depuis très longtemps, il se prenait à sourire naturellement et sans réfléchir. Décidément, même après des mois séparés l’un de l’autre, penser à son petit bonhomme lui remontait toujours autant le moral que la commissure des lèvres.

Comme quoi, il y a des choses qui ne changent pas.

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Nolan E. Mayfield
ÂGE : 25
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Lun 27 Aoû 2012, 8:17 am
La lumière qui filtre à travers les rideaux et un petit courant d’air qui entre à travers une fenêtre ouverte sans se soucier de son chemin. Cette pièce qui était le salon de l’appartement de Nolan avait bien besoin d’être aérée, et les meubles avaient bien besoin d’un coup de chiffon afin de faire disparaître toute trace de poussière. Pour la première fois depuis un peu plus de six mois, Nolan remettait les pieds dans son appartement qu’il avait laissé fermé à clé le temps de retourner chez lui, dans son pays natal. Il était encore tôt quand il était arrivé, mais le décalage horaire ne lui avait rien fait. Il ne s’était toujours pas reposé, s’agitant dans tous les sens comme il avait la fâcheuse habitude de faire. Rien ne semblait pouvoir l’arrêter, il était enfermé dans sa bulle. Les minutes passaient et il foutait un peu plus d’affaires partout qu’il n’en rangeait. Le principal problème de cet hyperactif : En foutre partout, s’étaler et vouloir tout faire en même temps au lieu de s’organiser et de tout faire dans l’ordre. Non, Nolan voulait tout faire tout de suite. Et dans le programme qu’il avait préparé dans sa tête, après son rangement, il appellerait Sven. Ou il irait directement chez lui. Non, ce n’était pas poli. Il l’appellerait avant de débarquer. C’était mieux. Alors qu’il était en plein déballage intensif, il perçut le bruit de la sonnette. Nolan n’attendait aucune visite, alors il fut assez réticent à l’idée d’aller ouvrir mais bon, ça pouvait être important. Laissant son bordel dans l’état où il se trouvait, il sautilla jusqu’à la porte d’entrée – en faisant quand même attention à ne pas trébucher dans un carton pour se retrouver par terre à embrasser le sol, ce serait bête – et il s’agrippa à la poignée avant d’ouvrir. Et là, un énorme sourire radieux étira ses lèvres en voyant Sven sur le pas de la porte. Il était loin de se douter qu’il serait venu le voir directement chez lui, surtout qu’ils ne s’étaient pas vu ni parlé depuis un bon moment.

« Oh, hey. Ö ** » lança l’Irlandais, un peu surpris de le voir. « Désolé, je viens d’arriver, j’avais pas encore trouvé le temps de t’appeler pour te prévenir que j’étais rentré. ._. Mais viens, entre ! » poursuivit le jeune homme, toujours aussi déchaîné, laissant la porte grande ouverte pour laisser entrer son ami.

En vraie pile électrique, Nolan rentra vite à l’intérieur, poussant du pied tout ce qui pouvait se trouver sur son chemin, notamment ses sacs de voyage ou même des cartons qui dataient de son emménagement dans son appartement – qui datait depuis plusieurs années déjà – et qu’il n’avait toujours pas déballés. Cartons qui lui servaient même de meubles, le peintre n’ayant pas assez d’argent pour se payer de vrais meubles bien solides. À ce bazar déjà bien présent s’ajoutaient les toiles qui s’amoncelaient dans tous les coins du salon, la minuscule pièce lui servant d’atelier étant déjà pleine à craquer. Mais un tel désordre n’était rien comparé au bordel monstre de l’appartement de Sven. Un véritable capharnaüm et le jeune artiste avait failli s’enfuir en courant la première fois qu’il y mit les pieds. Mais il s’y habitua et finit par y passer plus de temps que prévu – après avoir fait un peu de ménage bien sûr. (a) Nolan y avait passé beaucoup de temps durant la rééducation de Sven, pour l’aider à s’habituer au fauteuil roulant, à lui faire la cuisine, et parfois même changer ses pansements quand son ami était trop shooté aux médicaments pour enfin se laisser faire. Oui, Nolan avait pratiquement emménagé chez lui pour s’en occuper. Évidemment, Sven refusait qu’il soit constamment aux petits soins avec lui, c’est pour cela qu’il le mettait souvent gentiment à la porte en le menaçant de lui rouler dessus avec son fauteuil. Cela n’enchantait pas Nolan de le laisser tout seul, surtout en sachant ce que Sven était capable de faire dès que le peintre avait le dos tourné. Oui, Sven était plutôt du genre cascadeur depuis sa sortie de l’hôpital. Combien de fois Nolan le retrouvait étendu par terre ou à moitié vautré sur le canapé parce que monsieur avait raté une nouvelle acrobatie fraîchement réalisée ? Nolan avait été à cran durant plusieurs semaines. Sa plus grande crainte était de devoir appeler les secours parce que Sven avait de nouveau fait une chute mais que cette fois, c’était son dos qui en avait subi les conséquences. Heureusement, cela n’arriva jamais, et Sven se relevait toujours avec un grand sourire jusqu’aux oreilles, un vrai gamin. Nolan ne souriait pas dans ces moments-là, mais quand Sven se tenait tranquille, alors là le naturel reprenait le dessus. Nolan souriait comme il le faisait si souvent, il riait aussi parce que Sven s’avérait être plutôt drôle même en étant pas sous morphine. 8D Nolan se sentait bien avec lui. Quand il venait le voir il se sentait apprécié et important aux yeux de quelqu’un. Il n’avait jamais vraiment eu d’ami alors la présence de Sven était quelque chose de tout nouveau, et pour rien au monde il aurait voulu que cela change. Sven était peut-être intenable lorsqu’il voulait mettre son corps à rude épreuve, mais au fond, il était quelqu’un de très doux et d’absolument adorable. C’était agréable de pouvoir lui parler de tout et de rien, sans se faire juger. Et même s’il était plutôt du genre honnête, son franc-parler ne dérangeait absolument pas Nolan. Dès qu’il avait besoin d’un conseil ou de quoi que ce soit, c’était lui que l’Irlandais allait voit. En seulement quelques mois, le Suédois avait fini par devenir le seul ami de Nolan, dont les sentiments d’amitié se mélangeaient malheureusement avec des sentiments beaucoup plus fort, mais l’Irlandais se refusa d’y croire ou même de les écouter. Il était juste son ami.

Nolan l’hyperactif, le retour. Rangeant du mieux possible toutes les affaires qui trainaient partout, comme une pile de vêtements qu’il n’avait pas encore eu le temps de trier, l’Irlandais essaya de cacher sa gêne derrière son obsession du rangement. Il était loin de s’imaginer que Sven serait venu chez lui, pensant qu’il était chez lui ou parti quelque part pour se changer les idées. Nolan se souvenait très bien que le Suédois n’avait pas forcément apprécié le fait qu’il lui annonce qu’il rentrait en Irlande pour une durée indéterminée. Et Nolan s’en était voulu pour ça. Il avait peur qu’à son retour, Sven ne veuille plus lui adresser la parole. Mais le voir ici chez lui était la preuve qu’il s’était fait toute une série de films plus invraisemblables les uns que les autres. Néanmoins l’Irlandais ne pouvait pas être sûr que Sven lui avait totalement pardonné son départ précipité. À peine venait-il de terminer sa convalescence que Nolan partait comme un voleur. Il y avait de quoi penser qu’il voulait le fuir ou quelque chose dans ce genre-là. Et pourtant, rien de tout cela n’avait fait partie des plans de l’Irlandais. Un jour où il s’y attendait le moins, sa mère l’avait appelé, réprimandant son fils de ne jamais venir la voir, pauvre femme désespérément seule dans sa campagne perdue. Nolan n’avait pas pu lui dire non, il était vrai qu’il n’était pas rentré chez lui depuis.. des années. C’est pourquoi il avait très vite organisé son voyage et après s’être assuré que Sven tiendrait le coup tout seul, il lui avait annoncé qu’il rentrait en Irlande pendant quelques temps. Une annonce pour le moins précipitée et Nolan avait espéré que le Suédois comprenne, même sans lui avoir donné toutes les informations. Malheureusement, tout ne s’était pas passé comme prévu et maintenant, Nolan s’en voulait d’avoir quitté Sunnydale aussi rapidement, alors que son ami avait probablement encore besoin de lui. Et pour en rajouter encore une couche au calvaire du Suédois, Nolan était resté six mois en Irlande. Six mois où il avait passé son temps entre ses pots de peinture et ses sachets de farine – car oui, le jeune homme avait décidé de se remettre à la pâtisserie, les crêpes party avec Sven lui ayant donné envie de recommencer à cuisiner. 8D Pas un seul jour il n’avait cessé de penser à son ami. Il l’avait appelé, souvent, mais jamais il avait décroché ; le peintre en avait donc conclu deux hypothèses : Soit il n’avait vraiment pas digéré son départ et il lui en voulait à mort, soit comme lui il était parti se changer les idées à l’étranger. Nolan préféra opter pour la deuxième option, espérant que Sven se tenait tranquille dans un endroit calme pour se reposer, plutôt que de jouer les fous furieux en pratiquant des sports extrêmes. Mais en le voyant enfin en chair et en os après autant de mois, ça avait plutôt l’air d’aller. Ö Il était en un seul morceau et il marchait normalement. Un énorme soulagement pour l’Irlandais.

« Ça a l’air d’aller mieux. Ö » constata-t-il. « Remarque, c’est une bonne nouvelle, ça montre que toute cette sale période est derrière toi. » poursuivit-il dans le but d’éviter le moindre silence entre eux. « J’espère que tu ne m’en veux pas d’être parti aussi longtemps. J’ai essayé plusieurs fois de te joindre mais tu ne décrochais jamais ou alors ça ne marchait pas. éè » Il finit par se retourner vers son ami et remarqua son air inquiet, comme s’il craignait que quelque chose se passe ou de voir quelqu’un qu’il ne voulait pas voir arriver. « Ça ne va pas ? Ö » demanda l’Irlandais, un peu perdu face à son air anxieux.

Même si pour l’instant l’Irlandais ne le montrait pas – c’est ça de ne pas être très expansif émotionnellement parlant – il était vraiment heureux de le revoir. On venait de lui rendre son ami, ce gros nounours duquel il avait été séparé durant six longs mois. Maintenant, il n’avait qu’un seul souhait, pouvoir rattraper le temps perdu, en espérant que son ami serait tout aussi enthousiaste que lui, ce dont il n’arrivait pas à être sûr pour le moment.

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Sven J. Ohlsson
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Lun 27 Aoû 2012, 4:08 pm


« send me an angel ... »


Sven flippait. Non vraiment, il flippait comme pas permis. Pourtant, il en avait vu des vertes et des pas mûres tout au long de sa vie, et même pendant les quelques mois où il avait été séparé de son irlandais. Sa cicatrice qui se rouvrait tous les trois quatre matins, ses combats qui encore la veille au soir lui pourrissaient la vie… Le suédois avait toujours été un aimant à ennuis. Pendant une période, il en arrivait à se demander s’il ne portait pas la poisse à tous ceux qu’il aimait. C’est vrai quoi. Son père ; sa mère ; son frère. Tous avaient subi une mort précoce, ou bien un sort encore pire. Et cela n’empêchait pas l’ancien militaire de continuer de s’attirer des problèmes. Dès qu’il rencontrait quelqu’un, il fallait qu’il lui porte la poisse d’une manière quelconque ; qu’il se passe quelque chose dont Sven aurait ensuite honte, et qui lui laisserait croire que la personne allait le rejeter. Heureusement, ce n’était que rarement le cas. Quand on cherchait des ennuis à notre grizzli, on le trouvait. Et si quelqu’un était foutu dans la partie par sa faute, il se révélait extrêmement protecteur et très agressif. Papa ours en action. Parce que quand il connaissait quelqu’un, la personne avait vite tendance à vouloir se jeter entre lui et ses agresseurs, tentant de les calmer. Sauf que les gens ne captaient pas un truc essentiel ; les types qui cherchaient des problèmes à Sven n’étaient pas des enfants de chœur. C’étaient en général des gars qui cherchaient à venger la mort d’un pote, assassiné par le suédois. Donc ils ne venaient pas pour lui refaire le portrait. Mais bien pour le rayer de la surface de la terre. C’était ce que la jeune Jessy avait compris la veille au soir, lorsqu’elle s’était aventurée entre un gorille de deux mètres et sa petite proie du nom de Sven. Ben elle avait failli y rester. Et lui avait cru qu’il allait y rester. Il avait même revu la bouille de son petit bonhomme, ce qui lui avait donné une brutale poussée d’espoir. L’adrénaline était montée, et ils s’en étaient sortis, tous les deux. Mais il avait encore attiré des ennuis à quelqu’un à cause de sa simple connerie. Tout comme il estimait que son frère était tombé dans le coma par sa faute. De la même manière qu’il considérait que ses compagnons d’arme à l’armée étaient morts par sa faute. S’il avait été un petit peu plus prudent, et qu’il n’avait pas essayé de sauver Tommy, un de ses compagnons, les autres seraient restés en vie. Merde. Il avait gâché trois vies, putain. A chaque fois qu’il faisait quelque chose, il merdait. La preuve. Même Alyss s’était envolée le lendemain de la tentative de suicide qu’elle avait empêchée. Il l’avait perdue, comme tous les autres. Et maintenant qu’il était à Sunnydale, il avait trouvé quelqu’un d’autre. Petit bonhomme. Une bouille adorable, qui ne méritait que le meilleur. Au début, Sven avait eu peur de le détruire, comme les autres. Mais ça ne s’était jamais produit. Nolan était resté, et il ne lui était jamais rien arrivé en la présence du suédois. Sauf qu’au bout de six mois… Il avait disparu. Il était parti, le prévenant à la dernière minute. Sven avait bien entendu pris cela comme un abandon. En réalité, il avait même encore été plus blessé qu’il ne l’avait laissé croire. Lorsque Nolan était parti, ou tout du moins peu de temps auparavant, le gros nounours avait commencé à voir en lui un peu plus qu’un ami. Bien sûr, c’était complètement con, il le savait ; Nolan était un adorable petit bonhomme, qui devait trouver une princesse de qui il serait le prince charmant, qu’il épouserait et à qui il ferait plein d’enfants au merveilleux sourire ; il n’avait nullement besoin d’un ours aussi têtu qu’une armée de bourricot, un grizzli qui ne souriait pas souvent et qui fracassait des crânes contre le sol comme s’il s’agissait d’une habitude ennuyeuse et fataliste, qui ne lui apportait de satisfaction que lorsque son adversaire ne se relevait pas. Et peut-être qu’après six mois en Irlande, Nolan avait enfin trouvé cette princesse, non ? C’était ce qui traversait la tête de Sven aujourd’hui alors qu’il se souvenait de son chagrin lorsque le peintre était parti. Il avait cru que c’était un message, lui ordonnant clairement de ne pas s’attacher, qu’il n’avait aucune chance. Et, oui, Sven l’avait appliqué au pied de la lettre, rentrant également chez lui pour essayer d’oublier. Mais après quelques nuits en compagnie de coups d’un soir, il s’était rendu à l’évidence ; il n’avait envie de personne. Personne, sauf Nolan. La compagnie était devenue fade et inutile, un ennui mortel. Petit bonhomme n’était pas là. Alors tout était gris, et terne. C’était comme ça que ça marchait.

Néanmoins, quand il vit la porte s’ouvrir, Sven se sentit beaucoup plus léger. Parce que contrairement à ses craintes, la personne qui venait l’accueillir n’était pas une jolie fille qui laissait tranquillement Nolan se réveiller. C’était lui. Petit bonhomme. Avec son sourire jusqu’aux oreilles. Le cœur du suédois s’allégea brusquement, tandis qu’il se mettait à dévorer des yeux son visage aux traits si doux et agréables. Des petits fourmillements lui agitèrent le ventre, mais il se força à les ignorer. Il ne pouvait pas se permettre d’à nouveau se laisser envahir par des sentiments que Nolan était censé avoir étouffés en partant. Non, il devait être calme. Posé. Faire l’ami heureux de ces retrouvailles. Heureux … Nolan semblait l’être. La petite lueur qui s’était allumée dans ses yeux lorsqu’il avait découvert le visage de Sven soulageait quelque peu celui-ci. Bon. Au moins, il ne l’avait pas oublié. Non, il le salua même avec entrain. Et s’écarta de la porte d’entrée sans le toucher, pour continuer à bondir comme un feu follet dans tout l’appartement. Sven se sentit con, alors. Il ne bougea pas. Son sourire retomba dès l’instant où petit bonhomme lui tourna le dos. Son regard se vida, tandis qu’il n’arrivait qu’à le contempler. La terre s’était arrêtée de tourner. C’était comme … Comme un rêve. Le revoir à nouveau, dans toute sa complexité, dans toute sa perfection, toute son imperfection … Ca relevait du pur bonheur. Du paradis. Un instant, Sven fut tenté de se pincer pour vérifier qu’il ne rêvait pas. Mais le courant d’air qui lui claqua à moitié la porte dans la figure témoigna de la réalité de la chose. Outch. Il avait retenu le battant au dernier moment, et en profita d’ailleurs pour rentrer et refermer derrière lui. C’est bon. Il était dans l’appartement du jeune peintre. Mission accomplie. Il allait pouvoir se détendre et savourer l’instant présent. Enfin, une fois qu’il aurait vérifié qu’aucune greluche indésirée ne se cachait dans un placard, ou pire même, toute nue sous la douche.

Nolan était une véritable pile électrique, comme à son habitude. Sautiller dans les champs avec des poneys arc-en-ciel et des licornes — à la corne limée pour pas faire mal aux poneys – était son sport préféré. Sven l’avait compris dès le premier coup d’œil qu’il avait posé sur lui. Juste avant de lui sauver la vie, en fait. M’enfin passons, cet épisode était de l’histoire ancienne. Un an que ça s’était produit, maintenant. Désormais, Sven pouvait marcher, il pouvait parler avec petit bonhomme sans qu’aucun médecin ne débarque avec une seringue de morphine en les menaçant tous les deux. Les choses avaient changées. Et l’ancien militaire sentait son cœur battre juste un peu plus fort qu’il ne l’aurait dû. Il détestait ça. Il haïssait le fait d’avoir envie de poser ses lèvres sur celle de Nolan. Non pas parce qu’il était hétérosexuel et qu’il n’assumait pas le fait d’aimer un garçon, bien au contraire ; Sven était sorti avec son premier petit ami à l’âge de 16 ans, à peine quelques mois après sa première petite copine officielle. Il avait toujours assumé sa bisexualité, ne privilégiant jamais les filles aux garçons pour les coups d’un soir, ni pour aucune relation durable. Son attirance pour les deux sexes avait néanmoins souvent dérangé ses petit(e)s ami(e)s, qui se méfiaient sans cesse des relations amicales que Sven entretenait avec l’autre sexe. Mais bon. Il avait appris à s’y faire, et assumait totalement ce qu’il était. Mais ce qui le gênait réellement, dans le fait d’avoir envie d’embrasser Nolan, c’était que l’irlandais était probablement hétérosexuel. Enfin, Sven n’en savait rien, pas réellement. Il le casait d’office avec la gente féminine, mais il y avait autant de chances pour que ce soit les hommes qui l’attirent. En fait, c’était pile ou face. Il ignorait réellement ce que le peintre désirait pour partager sa vie. Et c’était pour cette raison que Sven s’estimait sans aucune chance. Il valait mieux qu’il se calme ; qu’il vive sa vie en étant ami avec Nolan, comme il l’avait fait jusqu’à lors. Il refoulerait ses sentiments ; il y arriverait. Il y arrivait toujours. Il était fort, et il allait y arriver. Juste amis. Juste amis…

Ok, no way. C’était quoi cette inquiétude trop choupi, en plus de ces manières de courir partout avec ce grain de douceur et d’électricité juste adorable ? Et puis merde, quoi. Il l’avait appelé. IL L’AVAIT APPELÉ. Et comme un gros con, Sven n’avait pas été foutu d’être chez lui pour réceptionner les appels. Il avait préféré faire son fier et s’éclipser dans son pays d’accueil. Débile mental. S’il était resté, il aurait eu des coups de fils de son petit bonhomme. Il aurait eu des nouvelles. Aurait peut-être même pu lui parler des heures durant, et l’entendre rire au bout du téléphone. Il aurait été bien, et se serait senti plus léger. Nolan l’aurait probablement même rassuré en lui disant qu’il allait rentrer. Et en plus, il aurait su d’une manière ou d’une autre s’il avait une copine ou non. Mais noooon. Sven était officiellement un demeuré, et il avait gâché toutes ses chances de maintenir un contact avec l’irlandais. Et voilà le résultat ; six mois sans lui, un vide énorme dans son cœur, un manque profond de sa voix et de sa présence. Un air coupable s’afficha sur le visage de Sven, tandis que son Nolan s’inquiétait pour lui, lui demandant si tout allait bien. Hmm… Non. Tout n’allait pas bien, justement. Il ne savait toujours pas si le peintre était en couple ou non, mais commençait à se douter de l’aspect négatif de la question. Dans le cas contraire, le conjoint aurait déjà rappliqué depuis bien longtemps. Enfin bref. En plus de ça, Sven se sentait trop mal d’être parti. Nolan avait certainement dû s’imaginer tout un tas de choses… Muré dans son silence, le jeune homme baissa les yeux au sol, cherchant du regard ce que son ami allait bien pouvoir ranger désormais, à part toutes les toiles. Le voir tourner ainsi dans tous les sens était juste usant. Surtout dans ce genre de situations, où le suédois avait besoin de réfléchir et de faire le point. Il finit par relever son visage d’ours vers son petit être, tentant un sourire peu convaincu.

« Hum oui, oui, ça va. Juste un peu abruti, j’ai pas beaucoup dormi. » Il passa une main sur son front, puis dans ses cheveux, fermant quelques instants les yeux. Puis il lui adressa un sourire désolé, vraiment mal à l’aise. « Je suis vraiment désolé de ne pas avoir pu répondre à tes coups de fil… J’étais retourné en Australie, je suis parti quelques temps après ton départ, et j’avais aucun moyen de te prévenir… J’ai pas pensé à modifier mon répondeur pour te le dire, désolé @@. »

Pour le coup, il l’était vraiment. Mais il s’était aussi et surtout bien arrangé pour ne pas laisser transparaître les raisons de son départ. M’enfin. Toujours était-il qu’il n’avait vraiment pas la tête du gars au sommet de sa forme. Il avait parlé d’une petite nuit, mais n’était heureusement pas rentré dans les détails. Sven se massa doucement le cou, bien que conscient que ses marques d’étranglement avaient disparues. Il resta là, à regarder Nolan s’affairer autour de lui. Il était toujours dans son rêve éveillé, à le contempler. Sans vraiment le mater, pourtant. Juste… Le regarder. L’apprécier. Mais petit bonhomme bougeait sans relâche. Au point d’en donner la migraine à Sven, qui aurait juste voulu discuter avec lui, sans qu’il ne lui tourne le dos ni rien. La fatigue avait remplacé la peur, dans son cœur, malgré sa joie de le revoir. Il avait l’impression que Nolan … Le fuyait. Qu’il ne s’intéressait pas vraiment à leur conversation, ou alors qu’il cherchait à cacher quelque chose. Il ne laissait pas vraiment l’occasion à Sven d’en placer une, comme si… Comme s’il n’en avait rien à faire de le revoir. Pourtant, le jeune homme sentait que c’était faux. Il ne pouvait pas croire qu’après tout ce qu’avait dit petit bonhomme, il se fiche de le revoir. Mais il fallait qu’il en ait le cœur net. Mais ses lèvres s’ouvraient et se refermaient sans qu’il n’ait l’occasion de pouvoir sortir un seul mot, ou même d’avoir le courage de le faire. Et tout à coup, il péta un plomb.

Ne contrôlant plus rien, le nounours s’approcha de Nolan, et fut sur lui en deux enjambées. Il l’attrapa par les épaules, presque délicatement, et lui colla un bref baiser sur le front pour lui dire bonjour, avant de le forcer à reculer, et de l’asseoir sur le canapé. Sven ne réalisait pas du tout ce qu’il était en train de faire, et s’en maudirait après, quand il se serait fait engueuler. Mais pour le moment, il avait juste besoin que petit bonhomme se calme.

« Voilà, bouge plus. Tu me donnes le tournis quand tu te mets à courir partout, mais j’avais pas encore vraiment eu l’occasion de t’en empêcher @w@. » Il afficha une petite moue sympathique, mais sans sourire, appuyant juste ses propos d’un regard léger et malicieux. Rempli d’excuses aussi. Il s’agenouilla devant le jeune homme, tout d’abord, posant ses mains sur ses genoux pour relever son regard, et le planter dans le sien. « J’espère que je t’ai pas fait mal éè. Je suis vraiment désolé, mais tu rangeras plus tard. Je t’aiderai, si tu veux. »

En un bond, il se redressa, s’affalant à côté de lui dans le canapé. Sans qu’il ne comprenne pourquoi, un sourire se scotcha sur ses lèvres douces et épaisses, alors qu’il posait son bras sur le haut du canapé pour s’y appuyer, et ainsi pouvoir bien regarder son petit bonhomme. Comme si de rien était. Il avait réussi à dévier le baiser que son subconscient lui avait dicté, like a boss, et avait embrassé son front plutôt que ses lèvres. Comme ça, c’était sa manière à lui de dire bonjour à son petit être. Son sourire s’élargit encore davantage, tandis qu’il mêlait son regard malicieux et plein d’étoiles à celui du jeune homme.

« Et si tu me racontais ton séjour à la maison, plutôt ? »

Par maison, il sous-entendait bien entendu l’Irlande. Il voulait que Nolan lui raconte ses vacances, oui oui. Il avait envie de l’écouter, de le voir et de l’entendre parler, de savourer sa présence. Pas qu’on lui jette quelques mots entre le rangement non nécessaire de deux piles de bouquins déjà parfaitement en ordre, sans le regarder. Le peintre était le seul capable de le faire se sentir vivant et important. Il ne voulait pas redevenir un fantôme. Pas alors qu’il avait désespérément envie et besoin de lui dans sa vie. Alors oui, il n’avait peut-être été pas sympa de faire ça, mais pour lui, ça comptait réellement. Il voulait que Nolan lui porte autant d’intérêt que lorsqu’il était en fauteuil. Et tout suppliait le jeune homme d’être gentil et aimant avec lui.

Son regard, son sourire, sa présence… Allez Nolan. S’il te plait. Montre-moi que tu ne m’as pas oublié et que tu en as encore quelque chose à faire de ma tronche poilue d’ours brun. Siteuplait.

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Nolan E. Mayfield
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Mer 29 Aoû 2012, 4:03 pm
Très souvent, Nolan se demandait duquel de ses parents biologiques il tenait son hyperactivité, et lequel il devait remercier pour sans arrêt sautiller comme un lutin originaire de la forêt enchantée. À cause de quelques gènes, Nolan vivait comme dans un dessin animé. Il voyait toujours tout du bon côté, sa bonne humeur était constante et à toute épreuve, et il souriait sans arrêt – et cela en devenait presque agaçant. Malheureusement pour le jeune homme, il n’obtiendrait jamais de réponse, puisqu’il ne comptait pas retrouver ses véritables parents un jour. Oui, Nolan était hyperactif et légèrement en dehors de la réalité. Les médecins n’avaient même pas eu besoin de le diagnostiquer pour que les parents adoptifs du petit Irlandais s’en rendent compte tous seuls. Rien de bien grave, Nolan était juste intenable, une vraie pile électrique vivant dans son monde de bisounours et d’arcs-en-ciel. En règle générale, ce n’était jamais très inquiétant car Nolan savait se contrôler, mais par moments, cela pouvait empirer quand il était stressé ou qu’il se sentait gêné, comme maintenant. Il était réellement enfermé en lui-même et rien n’arrivait à le faire sortir de cette bulle qui le protégeait de toute onde négative.

Et sans le vouloir, c’était ce que Nolan était inconsciemment en train de faire alors que son ami venait à peine de passer le pas de la porte. Non pas que Sven le stressait, mais comme ils ne s’étaient pas vu ni parlé depuis des mois, Nolan se savait plus vraiment comment s’y prendre. Oui, c’était assez idiot rien que d’y penser. Mais l’Irlandais était toujours aussi impressionné par son ami, et quelque part il avait encore du mal à croire qu’il soit autant attaché à lui, alors que tout semblait les différencier. Peut-être étaient-ils différents, en effet. Mais il fallait néanmoins préciser que depuis l’accident qui avait provoqué leur rencontre, ils ne s’étaient pas lâchés, sauf durant la pause de six mois. Avant ça, chacun avait élu domicile chez l’autre, surtout Nolan qui passait le plus clair de son temps chez Sven ; à l’aider dans les tâches quotidiennes, et surtout pour le surveiller et l’empêcher de retourner à l’hôpital – ce dont cet idiot était capable. ewe Étrangement, Nolan s’était attaché à lui comme on devient proche d’une personne qui devient votre ami. Oui, Sven était bel et bien devenu son seul ami. Mais cependant, il y avait toujours cette barrière de sentiments qui empêchait l’Irlandais de complètement s’ouvrir au Suédois. Nolan était perdu, il ne savait plus vraiment quoi ressentir par rapport à cet homme qui lui avait sauvé la vie. C’est pour cela qu’il préférait tout mettre de côté et enfouir ses sentiments, ne voulant pas risquer de ruiner sa relation amicale avec lui. Évidemment, rien que le terme amical faisait doucement rire Nolan, lui qui souhaitait inconsciemment que cette relation devienne plus qu’amicale. Cependant, il refusait d’y penser et s’interdisait d’imaginer quoi que ce soit avec Sven. Ils étaient amis, rien de plus. C’était ce qu’il n’avait cessé de se répéter durant ses longs mois en Irlande, en plus des appels qui n’aboutissaient jamais et qui avaient fini par le convaincre que le Suédois n’avait peut-être pas envie de s’engager, ou tout simplement qu’il n’était pas intéressé. Nolan était un peu rouillé sur ce sujet, sa dernière relation amoureuse remontait à cinq ans, alors pour essayer d’en parler avec l’intéressé ou même de se lancer, il perdait très vite confiance en lui. Il valait mieux pour lui qu’il ne dise rien et qu’il laisse ses sentiments sous silence. Car après tout, il n’avait pas envie de perdre le seul ami qu’il avait réussi à se faire depuis bien longtemps.

Maintenant que Sven était bel et bien là, en chair et en os, Nolan se retrouvait dans une confusion la plus totale. Il ne savait pas comment réagir ni quoi penser. Ses gestes étaient rapides, presque maladroits, et son esprit jusque-là parfaitement clair se retrouvait embrouillé comme jamais. Oui, la présence de Sven le troublait, et il avait beau se dire qu’il ne se passerait rien entre eux, c’était plus fort que lui, il était au bord de la panique. Et quand il était dans cet état, il devait ranger. Seulement, ce qu’il fallait savoir sur Nolan, c’est qu’il était maniaque, donc forcément, chaque chose devait déjà être à sa place. Sauf quand il était dans cet état de trouble, cela empirait car il ne pouvait s’empêcher de vérifier que tout était rangé au millimètre près ; et si par malheur ce n’était pas le cas, c’était l’anarchie. Il n’y avait pas vraiment de moyen pour calmer l’Irlandais, en général ses parents le laissaient faire jusqu’à ce qu’il se calme tout seul, même si cela devait prendre plusieurs heures. Il fallait laisser la pile électrique se décharger. Alors que Nolan était enfermé dans sa bulle, ignorant complètement Sven sans le vouloir, il sentit une légère prise sur ses épaules, suivi d’un contact doux et agréable sur son front. À partir de ce moment-là, l’Irlandais se calma d’un coup. Qui aurait cru qu’un simple baiser sur le front aurait pu le rendre guimauve à ce point ? Cela n’aurait certainement pas fonctionné si ça n’avait pas été Sven qui l’avait embrassé. En seulement quelques secondes, tous les ressentis et pensées de Nolan se remirent dans le bon ordre. Puzzle qu’il n’arrivait pas à terminer. Et finalement, l’ordre final s’imposa comme une évidence. Ce qu’il venait de ressentir à cet instant, il ne l’avait pas ressenti au fil de ces cinq dernières années. Sans même s’en rendre compte, Nolan était tombé amoureux. Cette vérité si flagrante qu’il se refusait d’admettre depuis des mois. Mais au nom de son amitié avec Sven, rien de ce qu’il pensait ou ressentait ne devait être partagé avec le Suédois. C’était une façon pour Nolan de se protéger. Ignorant complètement la découverte que venait de faire son inconscient, Nolan se laissa faire comme une marionnette lorsque Sven le fit s’asseoir sur le canapé. Il lui fallut quelques secondes pour reconnecter les deux ou trois neurones débranchés lors de sa crise, puis il fut enfin de nouveau opérationnel. En écoutant son ami, il se rendit compte qu’il avait encore laissé sa maladie prendre le dessus. Sans même s’en rendre compte, il avait complètement ignoré le Suédois qui n’avait pas forcément envie de le voir ranger son appartement. Nolan se sentit mal et afficha une petite moue triste et désolée, espérant que son ami ne lui en voudrait pas d’avoir été aussi impoli. ;_; Puis il s’intéressa de nouveau à ses paroles, et secoua légèrement la tête de manière négative quand il lui proposa de l’aider pour le rangement. Non, non, non. Personne ne devait s’occuper du bordel de l’Irlandais sinon il partait en freestyle dans le genre désastre avec aucun survivant. Il n’était peut-être pas aussi musclé que Sven, mais la petite crevette irlandaise avait de la ressource, quoi qu’on en pense.

Nolan se fit tout petit sur le canapé, mais finit lui aussi par afficher un grand sourire en voyant celui qu’arborait Sven. Apparemment, il ne lui en voulait pas, et cela soulagea l’Irlandais. Il ne fut même pas surpris de constater que le Suédois s’intéressait à son séjour en Irlande – Nolan s’était habitué à ce qu’il soit aussi curieux sur sa vie.

« Euh, bah, il n’y a pas grand-chose à dire. » déclara-t-il en jouant nerveusement avec ses doigts. « Je suis retourné chez ma mère qui a fini par déménager en pleine campagne, et il n’y avait évidemment rien à faire si ce n’est peindre. Pour changer, ouais. Mais j’ai fini par envahir son espace avec mes toiles alors elle a tout vendu. ._. Du coup je me suis fait un peu d’argent sans vraiment le vouloir. Et je pense avoir assez pour acheter des meubles dignes de ce nom. » Il jeta un coup d’œil à son salon et soupira d’un air blasé. Puis son attention revint sur son ami qui le fixait depuis plusieurs minutes. « Et sinon l’Australie ? Ö » demanda-t-il simplement, curieux.

Nolan n’avait jamais eu l’occasion de voyager, principalement par manque d’argent. C’est pourquoi il était vraiment intéressé par ce que Sven allait lui raconter. Il ne savait pas réellement à quoi s’attendre mais le moindre petit détail allait forcément attiser sa curiosité. L’Irlandais voulait tout savoir, quitte à ce que le récit dure toute la nuit. Car après tout, maintenant qu’ils s’étaient enfin retrouvés, ils avaient tout le temps, pas vrai ?

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Sven J. Ohlsson
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Mer 29 Aoû 2012, 8:36 pm


« valentine's day ... »


Si devant petit bonhomme Sven paraissait léger et assuré, intérieurement, tout était bien différent. Et au contraire, il se sentait mal au possible. Le toc de rangement du jeune homme était sûrement fondé, et il ne fallait pas l'en empêcher, juste le laisser faire... Mais lui, comme le parfait teubé qu'il était, avait trouvé le moyen de stopper l'irlandais et de le forcer à s'asseoir sur le canapé. Comme un gentil garçon sage et calme qui allait lui raconter ses vacances. Sauf que Nolan n'était pas comme ça. Il avait besoin de bouger, de s'activer ; de ranger. Ça avait donné le tournis à Sven, et il l'avait forcé à briser ses habitudes pour se détendre. Et rien que pour cela, il se sentait monstrueux. Il avait l'impression d'obliger le petit peintre à être quelqu'un d'autre que lui-même, et ça le répugnait. Il aimait son bonhomme comme il était, et ne voulait pas qu'il change. Surtout pas. Jamais. Et c'était pour cette raison précise que s'il n'avait pas été assis en face de l'irlandais à cet instant précis, il se serait rongé les ongles jusqu'au sang d'avoir fait une chose pareille. Juste le prendre par les épaules. Juste le déplacer pour le forcer à se calmer et à prendre le temps de raconter. Mais mine de rien, c'était tant... Et puis, peut-être qu'il n'avait pas envie de raconter ses vacances. Qu'il n'avait pas envie de parler avec le suédois. C'était une hypothèse envisageable, qui aurait d'ailleurs expliqué cette attitude détachée et en apparence occupée qu'avait adoptée Nolan. Après tout, il avait sûrement ses raisons de s'être absenté de la sorte durant six mois, même si apparemment il avait appelé. M'enfin. L'ancien militaire n'avait aucune envie de revenir sur ce sujet. Nolan s'était absenté. Il avait laissé un vide dans sa vie, le tueur à gages en avait souffert, mais maintenant tout allait rentrer dans l'ordre. Enfin presque.

Sans savoir pourquoi, Sven ne parvenait pas à détacher son regard de petit bonhomme. Ses yeux se perdaient dans leur contemplation de ses traits fins et délicats, tandis que le jeune irlandais racontait très brièvement son séjour chez sa mère. Le suédois l'écoutait, bien entendu ; même s'il ne lâchait pas de commentaire à chaque phrase et qu'il n'esquissait pas d'autre mouvement que le battement incontrôlable de ses longs cils, il était attentif. Il n'avait jamais été aussi attentif. Et lorsque son petit être préféré arriva à la fin de son minuscule récit, il sentit une boule se former au creux de son ventre. Il n'avait pas l'air de lui avoir beaucoup manqué. Mais zut à la fin. En quoi est-ce que c'était important, hein ?! ... Ça l'était. Aux yeux de notre nounours, rien n'avait plus autant d'importance désormais que de représenter quelque chose aux yeux de Nolan. Il avait envie que celui-ci le remarque. Pas de trop, il n'avait pas envie de faire son intéressant, ce n'était pas son genre. Mais au fond, l'attention que lui avait portée le jeune homme pendant six mois était devenue vitale pour le suédois. Il en avait besoin. Il ne voulait pas que le jeune peintre l'oublie, qu'il passe à autre chose, qu'il se trouve un autre ours protecteur. Jaloux ? ... Oui. Possessif ? Sans aucun doute. Mais merde. Jamais Sven ne s'était senti si bien avec quelqu'un depuis la période où Laura était son grand amour, avec Alyss pour combler les vides potentiels que laissait une petite amie. Depuis, Sven était désespérément seul. Et même s'il avait retrouvé sa meilleure amie il y avait quelques jours de cela, c'était différent. Parce qu'il savait maintenant. Que la manière dont il aimait Nolan était différente de celle dont il aimait Swan. Jamais il ne réussirait à s'avouer que c'était plus que de l'amitié. Il arrivait juste à dire que c'était différent. Mais Sven ne pouvait pas accepter d'être amoureux. Pas lorsqu'il n'avait aucune chance.

« Ah, ta mère a eu une bonne idée ! Je te préviens, si tu n'es pas capable de gérer tes économies pour ne pas tout dépenser en peinture et en pinceaux, c'est moi qui le fait ewe. D'ailleurs je te dois toujours tout ce que je t'ai gâché l'autre fois. T'sais, le jour de l'accident. » Ouais. Sven considérait que c'était à lui de repayer tout le matériel gaspillé lorsque la voiture l'avait heurté, et que lui-même avait poussé Nolan. Mais bien rapidement, il enchaîna, ne laissant pas le temps à l'irlandais de réagir sur le sujet. « Si ça s'est bien passé, c'est le principal. Tu as meilleure mine que lorsque tu étais obligé de t'occuper de moi, en plus. Ça t'a bien profité. ** »

Mais qu'eeeeeest-ce qu'on pouvait sortir comme m*rde des fois, je vous jure. "Ca t'a bien profité !". Du blabla à s'en donner envie de gerber. C'était ce que pensait Sven de ce qu'il venait de dire. Pourtant, son ton était léger et sincère ; bien sûr qu'il pensait tout ça. Mais c'était le discours de remplacement. Le plan B. Le plan A comprenait un événement qui n'avait pas eu lieu, et n'avait donc pas pu se réaliser ; en l'occurrence, l'expression explicite ou implicite d'un quelconque manque que l'absence de Sven aurait pu occasionner dans le cœur du peintre. Mais apparemment, ça n'existait pas. Il s'était bien amusé. Loin de son fardeau débile et attardé. 

Furieux contre lui-même, Sven détourna le regard quelques instants. Une partie de son être était haineuse, acerbe, amère envers ce petit bonhomme qui ne ressentait rien à son égard. L'autre était plus rationnelle ; elle comprenait l'affection que l'ancien militaire pouvait éprouver à l'intention de son cher Nolan, et raisonnait l'autre moitié, lui rappelant que de toute manière il valait mieux commencer à se faire une raison, et à simplement tenter de préserver leurs liens d'amitié. Les deux parts intérieures de la conscience de Sven étaient en conflit. Depuis qu'il était entré. Voire même depuis bien plus longtemps que cela. Il venait juste de s'en rendre compte. Mais elles allaient trouver un terrain d'entente ; il n'y avait pas d'autre option possible. Elles devaient s'entendre. Pour ne pas que ses sentiments le rendent fou.

Lorsque la question de Nolan le tira de ses pensées sombres et rageuses envers lui-même, Sven eut un léger sourire, passant une main dans ses cheveux. L'air un peu gêné. Comment expliquer à son petit bonhomme qu'il avait passé six longs mois à servir des bières au bar du coin le jour, et à se faire frapper tout en rendant méchamment les coups la nuit ? Que durant les trois premiers mois il s'était fait la majorité des filles et des mecs sexy du quartier ? Heu non. Il allait éviter de sortir ça. Il fallait trouver autre chose. Contourner le sujet. ... Trouver autre chose. 

« Hum, et bien... Ça n'a pas beaucoup changé de la dernière fois. Sauf que là j'ai passé six mois à essayer d'amasser le plus d'argent possible pour rembourser les frais médicaux de l'opération. » Bien entendu, il n'allait pas préciser comment il avait récupéré cet argent. La grande majorité de sa provenance était illégale. « Donc j'ai travaillé. » Mouais. Ou bien je me suis battu, au choix. « Et... Enfin voilà quoi... J'ai pas passé six mois extraordinairement passionnants. C'était ... Très long. »

Il détourna légèrement le regard, bougeant sur le canapé. Il leva les yeux vers le plafond, se rendant compte d'à quel point il avait éludé la question. Bien entendu qu'il aurait eu des tas de trucs à dire sur l'Australie. C'était un pays qu'il adorait. Il s'y était toujours senti chez lui, malgré ce qu'il avait vécu là-bas. Il connaissait les coutumes, l'accent, la manière de vivre, la violence et les lois des rues. L'Australie était sa deuxième maison. Sa deuxième terre. Et pourtant, tout ce qu'il trouvait à dire, c'était qu'il avait travaillé pour rembourser les frais médicaux de l'accident, et que six mois ç'avait été long. Ouais. Super. Tout ça histoire de bien se détourner du sujet qui le taraudait. Il tournait autour, sans arriver à oser mettre le doigt dessus, et assumer. Et au fur et à mesure, il se renfrognait. Il s'était promis de faire des efforts en venant voir le jeune homme. Et maintenant, il se rendait compte à quel point c'était dur. Finalement, il ferma quelques secondes les yeux, poussant un trèèèèès long soupir avant de les rouvrir. Puis il se redressa dans le canapé, s'appuyant contre les coussins du dossier. D'un geste souple mais rapide, il posa son index sous le menton du jeune peintre, avant d'amener ses lèvres contre les siennes. Ouais. Comme ça. Parce qu'il en avait envie. Doucement, il ferma les yeux, se laissant aller pour savourer ce contact. Il appuya un peu plus, laissant glisser sa main le long de son cou pour insister dans son geste. Non, ce n'était pas un hasard. Non, il n'avait pas dérapé. Non, ce n'était pas prémédité, mais oui, il assumait totalement.

D'un bref mouvement, il accentua encore un peu son baiser, avant de se reculer doucement, progressivement, rouvrant les yeux avec un sourire aux lèvres. Le genre de sourire qui vous remontait jusqu'aux oreilles, sans que vous ne vous en rendiez compte. Doucement, il laissa glisser sa main dans son cou, rompant ce contact-là également, au cas où l'idée aurait prise petit bonhomme de le repousser. Le regard du suédois était pétillant, noyé dans les prunelles de l'irlandais. Doucement, d'une toute petite voix sincère mais guère plus forte qu'un chuchotis, il laissa échapper quelques mots.

« Très long... Surtout sans toi... »

Et puis, il réalisa ce qu'il venait de faire. Il se recula légèrement, conservant son sourire qui prit des allures séduisantes. Son regard se fit malicieux, et charmé à la fois. Il ne s'excusa même pas. Pourquoi l'aurait-il fait ? Il avait envie d'embrasser petit bonhomme ; et il l'avait fait. Le peintre allait sûrement le virer de chez lui, peut-être même en prônant l'hétérosexualité, mais le n'ours s'en foutait. Bien qu'il commençât de plus à ressentir les effets du manque de contact avec le jeune homme, il était heureux. Sur sa planète. Au milieu des étoiles. À voyager avec E.T. Au beau milieu du paradis. Et à cela, il y avait une simple raison ; il avait enfin osé poser ses lèvres sur celles de son petit prince.

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Jeu 30 Aoû 2012, 4:59 pm
Le calme avait fini par revenir dans l’appartement, la pile électrique irlandaise ayant gaspillé toute son énergie inutilement. Mais rien, pas même une petite intervention de super Sven, ne pouvait empêcher Nolan de garder son sourire étincelant et enfantin. Il espérait pouvoir apaiser son ami qui semblait mal, comme s’il avait fait quelque chose de travers. Mais l’Irlandais ne s’était pas senti attaqué ni rien, au contraire, Sven avait bien fait de le secouer un peu. Il valait peut-être par moments mieux le tirer de force de ses crises passagères. Néanmoins, le sourire radieux du sorcier se transforma bien vite en petite moue boudeuse lorsque Sven le menaça gentiment de gérer ses économies si le peintre n’était pas capable de le faire tout seul. Mais euh c’est pas juste. D8 Nolan ne savait pas gérer son argent, préférant mettre tout ce qu’il avait dans la peinture et le matériel plutôt que dans des choses apparemment plus utiles comme de la nourriture ou des meubles. Nolan était un alien.

« Tu ne me dois rien, j’avais tout racheté avant que de partir en Irlande. éè » confia Nolan, pas très fier de lui. « Heureusement que j’ai pu me refaire un peu d’argent là-bas, sinon je ne pense pas que j’aurai encore eu un toit en revenant. Mais bref. Ö »

Puis Sven lui raconta enfin son séjour en Australie et visiblement, cela n’avait pas été passionnant. Nolan était un peu déçu, lui qui aurait voulu l’écouter pendant des heures, mais il ne lui en voulait pas. Et d’un coup, un nouveau silence s’imposa entre eux. Sven semblait être ailleurs, détaché. Mal à l’aise, Nolan s’apprêta comme à son habitude de combler le silence en parlant de tout et de rien, mais le Suédois le devança rapidement. Il se redressa, s’approcha de lui ; et l’inattendu se produisit. Le moment où il se figea en sentant les lèvres de Sven sur les siennes. Il ne le repoussa pas, bien au contraire. Pourquoi romprait-il ce contact qu’il avait inconsciemment attendu et espéré durant des mois ? Nolan n’en avait aucune envie. Il aurait voulu sceller ses lèvres sur celles de cet homme qui lui faisait secrètement tourner la tête, ne jamais pouvoir cesser de savourer ce baiser innocent. Ce premier contact duquel se dégage tout un flot d’émotions, laissant les sens en pleine confusion. Les yeux fermés, l’Irlandais s’abandonna complètement à ses sensations. La douceur des lèvres de Sven sur les siennes, sa main glissant le long de son cou qui électrisait sa peau, et cette chaleur au creux du ventre – une chaleur agréable, presque apaisante – qui rendait Nolan plus léger qu’il ne l’était déjà. Il se sentait bien, tellement bien. Tous ses doutes venaient de s’envoler à l’instant où Sven avait réduit à néant la distance entre eux, brisant toutes les barrières qui les empêchaient jusque-là de faire ce qui apparaissait désormais comme une évidence. Néanmoins, Nolan n’osait pas. Il n’osait pas y mettre du sien, de peur de paraître trop hâtif et de finalement gâcher cet instant magique. Oui, magique était bel et bien l’adjectif qui convenait. Nolan souhaitait aussi se protéger, lui qui avait tellement souffert en amour jusqu’à ce jour ne voulait pas prendre le risque de s’engager de manière précipitée, pour finalement se faire avoir. Et pourtant, l’Irlandais ressentait tellement la sincérité de Sven à travers son baiser qu’il se refusait de croire que le Suédois faisait cela pour se moquer de lui. Pourquoi aurait-il attendu aussi longtemps sinon ? Nolan chassa toutes ces idées de son esprit et se laissa aller.

Quand Sven finit par doucement rompre le baiser, Nolan essaya tant bien que mal de reprendre ses esprits et surtout de respirer ; il valait mieux éviter d’avoir un infarctus aussi jeune. Ses yeux ne quittaient pas ceux de Sven, incapables de s’en décrocher. Nolan ne se rendit même pas compte qu’il était rouge écarlate – réaction tout à fait normale chez lui, pas de quoi paniquer. Retrouvant petit à petit sa motricité, il bougea légèrement sa main, et sentit comme un tissu entre ses doigts. Son regard se baissa et il afficha un air surpris quand il comprit que pendant que Sven l’embrassait, il s’était légèrement accroché au t-shirt de ce dernier, sans même s’en rendre compte. Comme un petit koala qui s’accrochait à son arbre (oui, Nolan avait beaucoup de comparaisons imagées dans ce genre-là). Secouant doucement la tête pour dissimuler sa gêne – même si, pour le coup, niveau discrétion c’était plutôt raté – il s’empressa de lâcher son t-shirt et tenta de bien le mettre et frotter dessus pour ne pas qu’il reste froissé. Puis c’est timidement qu’il se recula de quelques centimètres, pour se calmer et remettre ses pensées en ordre. Ok, on inspire un bon coup et on expire. Sven venait de l’embrasser. L’homme dont il était secrètement amoureux venait de faire le premier pas sans même montrer quoi que ce soit de révélateur avant ça. OH LA LA. Bon, on se calme. Nolan ne savait plus où se mettre. Et cet idiot avait quasiment tout foutu en l’air parce qu’il n’avait pas osé y mettre un peu du sien pour montrer que ses sentiments étaient réciproques. BAH VOILÀ, maintenant il était persuadé que Sven allait penser qu’il n’était pas intéressé, par lui ou peut-être par la gente masculine en général. OH MAIS P*TAIN DE *bip*. Voilà, voilà, voilà. Bravo Nolan, maintenant Sven doit être convaincu qu’il va le foutre à la porte comme un malpropre. Bon, allez Nolan, tu peux arranger le coup, tu peux y arriver. GO, GO, GO. Sauf que l’Irlandais ne savait vraiment pas comment s’y prendre pour se rattraper. Sven n’avait pas l’air de lui en vouloir puisqu’il affichait un sourire à tomber par terre – ouais, CE sourire qui avait fait craquer Nolan, ce sourire-là. Non, le Suédois semblait plutôt détendu, satisfait et probablement soulagé de ce qu’il venait de faire (encore heureux, manquerait plus qu’il soit déçu ou dégoûté ewe). Nolan avait beau se torturer les quelques neurones qui lui restaient, il ne savait pas quoi faire. Puis c’est en jouant nerveusement avec ses mains qu’il les sentit trembler. Rien de bien grave, juste de légers tremblements, accompagné d’un grand vide ressenti dans sa poitrine. Son regard se porta instinctivement sur Sven, car l’Irlandais le savait, le Suédois était responsable de son état. Nolan ressentait un manque énorme de son contact. Il avait besoin de le sentir contre lui, d’effacer la moindre distance entre eux. Se blottir dans ses bras et ne plus bouger. Juste sentir sa présence protectrice et réconfortante. Nolan n’en pouvait plus, c’en était trop. Rougissant doucement, il s’approcha timidement du Suédois jusqu’à ne plus laisser que quelques centimètres entre eux. Il plongea son regard candide dans le sien, si beau, approchant lentement son visage du sien, ses lèvres fines effleurant les siennes, hésitant à s’en emparer. Une main indécise s’approcha de sa joue, le bout de ses doigts frôlant à peine cette petite surface qui semblait si douce. Nolan avait peur d’en faire trop, que Sven finisse par le rejeter. Et pourtant, le jeune peintre n’en pouvait plus de se retrouver confronter à des obstacles. C’est pourquoi il allait tous les franchir sans jamais se retourner. Fermant doucement les yeux, il finit par poser ses lèvres sur les siennes. Tendrement, sans se presser ni brusquer celui qu’il aimait. Il osait enfin se lancer, et lui prouver à travers ce baiser que ses sentiments étaient vrais, et surtout sincères. Ses doigts glissèrent très doucement sur sa nuque où ils commencèrent à dessiner des petites formes, toujours en touchant à peine sa peau. Il rompit finalement ce fameux baiser mais n’en avait pas terminé pour autant. Avec une délicatesse déconcertante, l’Irlandais commença à déposer de tous petits baisers sur les lèvres du Suédois, déviant petit à petit sur sa joue où il y déposa un baiser tout tendre, et surtout un peu plus franc. Bisouter son nounours, voilà ce dont il avait envie depuis des mois. La scène paraissait tellement irréelle qu’il avait du mal à croire que tout était bel et bien en train de se passer. Instinctivement, Nolan commença à se blottir contre Sven ; petit être voulant être protégé. Sa main retourna s’accrocher à son t-shirt. Peu importe si ce dernier était froissé. Nolan n’avait pas l’intention de le lâcher.

« Beaucoup trop long... » réussit-il à prononcer dans un léger murmure.

Nolan avait repensé à cette longue période sans nouvelle de son ami, pour qui il s’était inquiété. Il ne s’était jamais senti être à la hauteur avec lui. Il ne lui avait jamais rien confié quand à ses sentiments à son égard. Mais à travers ses gestes et ses mots, Nolan espérait que Sven comprendrait de lui-même. Qu’il n’avait pas fait ça sans avoir conscience de ce que cela allait impliquer par la suite, qu’il savait ce que ce geste représentait pour lui, et surtout, que ce geste reflétait les mêmes sentiments dans lesquels le Suédois devait être plongé tout comme l’Irlandais depuis des mois. Tous deux avaient assurément douté durant tout ce temps, ne sachant pas quoi dire, ignorant quels mots utiliser, et encore moins comment oser en parler. Ce n’était pas quelque chose d’anodin. Tous deux le savaient.

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Sven J. Ohlsson
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Ven 31 Aoû 2012, 2:22 pm


« close your eyes ... »


Sven craquait littéralement. Il était quasiment aussi fondu qu’une guimauve extrafondue et repassée au four pour fondre encore davantage. Son petit bonhomme à quelques centimètres de lui, ses yeux dans les siens, ses lèvres supportant encore le goût délicat et agréable des siennes… Le suédois planait. Il ne pouvait se retenir de sourire, totalement épris de ce petit être qu’il contemplait sans se lasser. Nolan était un petit nounours, une jolie peluche douce et trop meugnonne. Un petit koala qui ne lui avait peut-être pas rendu son baiser, mais qui s’était accroché à son t-shirt comme si sa vie en dépendait. Et qui ne l’avait pas repoussé. C’était cela qui donnait espoir à l’ancien militaire ; même si le jeune homme n’avait rien rendu et s’était simplement laissé faire, il avait laissé échapper quelques petits signes témoignant d’un certain attachement, d’une certaine… Satisfaction, face à ce qui se passait. Lorsque petit bonhomme se rendit compte qu’il s’était accroché au tissu noir, il le relâcha, passant légèrement sa main dessus pour le remettre en place. Ce geste ne fit que rendre un peu plus guimauve Sven. Son sourire s’élargit encore davantage, tandis qu’il se reculait tout doucement après sa petite déclaration. Doucement, son regard embrassa le visage de son… Ami ? Non. Il espérait désormais que c’était plus que cela. Que ses efforts paieraient. Il avait voulu être délicat et patient, et doutait que tout ceci soit fort réussi. Surtout au niveau de la patience. Pourtant, il ne regrettait rien. Il avait embrassé un homme qu’il était désormais sûr et certain d’aimer. Il n’allait pas lui dire « oh bah non en fait, désolé, c’était pas comme je m’y attendais, j’étais pas sûr d’être amoureux de toi ». Il en était déjà persuadé avant ce baiser, sans pourtant oser l’assumer. Mais maintenant… C’était terminé. Nolan, sa douceur, son joli visage de poupon, son sourire charmant et contagieux, ses airs de petit lutin sorti tout droit d’un conte de fées et se baladant avec une brosse à poneys et une lime à cornes de licornes… Voilà ce que Sven voulait. Maintenant, il en était sûr. Persuadé. Jusqu’au plus profond de ses entrailles. Son sourire s’agrandit encore davantage — mais était-ce seulement possible ? — tandis qu’il remarquait que son petit bonhomme baissait doucement les yeux. Non. Il n’avait pas vu ses mains trembler, et n’arrivait même pas à s’en inquiéter. Il planait. Il n’arrivait plus à se souvenir qu’il se détestait, qu’il n’éprouvait aucune sympathie pour lui-même. Mais une petite chose lui revint en mémoire, alors qu’il se rendait compte que son bonhomme ne le regardait plus. Toutes ses anciennes relations. Et si Nolan lui brisait le cœur, tout comme les autres avaient réussi à le faire ? Et s’il en arrivait à le tromper, à lui mentir, et à le laisser tomber au pire moment, tout comme les autres l’avaient fait ? Non. Stop. Arrêter de penser à ça, immédiatement. Qui ne tente rien n’a rien, après tout. Et puis. Ils n’étaient même pas encore ensemble. C’est vrai quoi. Pour le moment, son petit être se contentait de fuir son regard, de le garder rivé sur quelque chose que Sven n’osait pas regarder. Vers ses mains. C’était peut-être une alliance… Ou une bague de fiançailles… Mais finalement, le peintre releva les yeux vers le suédois. Et celui-ci put aisément lire son regard gêné et mal à l’aise. Quelques instants, tout resta en suspens ; ils se regardaient, se fouillaient, essayaient de penser ce que l’autre avait derrière la tête. Sven ne bougeait pas. Il avait fait le premier pas, et estimait avoir été suffisamment clair pour que son petit bonhomme comprenne qu’il assumait totalement, et qu’il ne regrettait pas. Il ne s’était pas excusé, après tout. C’était ce que la plupart des gens faisaient lors d’un premier baiser. « Désolé(e), je ne sais pas ce qui m’a pris(e)… ». Mouais. Fermez-la, aussi. Les pulsions sont humaines ; et plus que ça, elles sont fondées. Arrêtez de vous voiler derrière vos excuses et de repousser encore davantage le moment où vous aurez à faire votre déclaration. Faites comme Sven, un peu 8D. Parce que Sven a la classe, c’est ça, et vous n’y pouvez rien. Il ne s’aime pas, mais il devrait. C’est un petit peu un teubé, ceci explique cela. Mais bref. Revenons à nos lutins bisounoursiens.

Doucement, le temps se remit à suivre son cours. Et ce, pour le plus grand bonheur de Sven. Lorsque son petit bonhomme s’approcha de lui, il sut qu’il ne s’était pas jeté à l’eau pour rien. Il s’imagina un moment ses sentiments partagés, ce qu’allait être sa vie en compagnie de l’irlandais. Mais il s’arrêta bien vite. Fuck le futur. Savourons l’instant présent. Et en l’occurrence, les lèvres de petit bonhomme si près des siennes. Les paupières de l’ancien militaire se fermèrent doucement, restant cependant mi-ouvertes, juste assez pour voir Nolan entre ses cils. Petite silhouette apaisante et attirante. Il sentit les doigts du peintre effleurer sa joue, et frissonna, complètement figé. Seul son souffle se mêlant à celui de l’homme qu’il aimait venait troubler cette immobilité marmoréenne. Et puis, finalement, il sentit le jeune homme céder. Et à nouveau, leurs lèvres se trouvèrent. Renvoyant l’ancien militaire dans un paradis qui n’existait qu’en présence de son Nolan, et qu’il ne voulait désormais quitter pour rien au monde. Il ferma définitivement les yeux, laissant celui qu’il aimait l’embrasser délicatement, n’osant trop lui rendre son amour de peur qu’il ne décide de mettre fin à tout cela, et qu’il ne s’envole comme un petit papillon ; insaisissable mais divinement beau. Les doigts de Nolan glissèrent sur la nuque de son nounours, et ce dernier se mit à frissonner, sentant de petits dessins évoluer sur sa peau. Ses petits cheveux se dressèrent face à ce surprenant plaisir, tandis que Sven laissait son amoureux rompre doucement leur baiser. C’en était fini de l’ours célibataire. Maintenant, il n’y avait plus aucune hésitation à avoir sur le sujet.

Gardant les yeux fermés, le mercenaire laissa son irlandais lui bisouter les lèvres, et remonter légèrement vers sa joue, pour y poser un baiser plus franc. Il sentait les petites fourmis s’agiter dans son ventre, le faire se sentir vivant ; enfin. Cela faisait une éternité que Sven ne s’était pas senti aussi bien, cela ne faisait aucun doute. Mais s’était-il seulement déjà senti aussi bien avec quelqu’un ? Pas dans son souvenir … Lorsqu’il sentit le corps de son petit bonhomme se rouler en boule pour se blottir contre le sien, s’accrochant à nouveau à son t-shirt, cela ne fit qu’empirer le feu qui brûlait doucement au creux du ventre de notre suédois. Il rouvrit lentement ses yeux, les laissant cependant mi-clos, savourant ce contact. Son bras s’enroula autour des épaules du jeune homme, tandis qu’il lui offrait enfin le câlin duquel il rêvait depuis des mois déjà. Sauf que c’était encore mieux que ce qu’il avait imaginé. Mieux que dans ses rêves. Mieux que tout ce qu’il avait pu imaginer un jour dans sa misérable existence. Lentement, il poussa un soupir de contentement. De bonheur. De soulagement. Tout avait explosé. Ils s’étaient ouverts l’un à l’autre, sans même user des mots pour le moment. Enfin, très peu tout du moins. Nolan lâcha une petite phrase, timide. Trois simples petits mots, mais qui avaient une valeur inestimable notre grizzli guimauvé. Alors ça voulait dire… Qu’il lui avait tout de même manqué, pendant ses six mois passé loin de lui ? Sven sentit son cœur s’alléger à mesure qu’il prenait conscience de ce que son petit bonhomme ressentait, et depuis quand il éprouvait de tels sentiments. Apparemment, ça datait même d’avant son départ. Sauf qu’il semblait n’ouvrir les yeux dessus que maintenant… Comme si ce baiser avait brisé la glace entre eux. Fait tomber les murs qui les séparaient, et les idées derrière lesquelles ils se cachaient pour ne pas s’avouer leur amour. Et maintenant que Sven serrait enfin le jeune peintre dans ses bras, maintenant qu’il pouvait sentir son cœur battre s’il en avait envie… Alors enfin, il se sentait entier. Posant sa joue contre le sommet du crâne de son petit bonhomme, il déposa un baiser sur ses cheveux, avant de caler sa tête contre la sienne, et de fermer les yeux, le serrant un peu plus contre son torse. Tout était oublié. Les craintes, les remords, les films qu’il avait pu se faire au sujet de ce que Nolan ressentait à son égard. Tout. Rien ne comptait plus que lui, et son petit bonhomme.

Intérieurement, Sven se sentait tout de même un peu con. Lui qui s’était imaginé rencontrer aujourd’hui la petite amie que Nolan avait ramenée d’Irlande devenait le petit ami en question. Mais merde. Il était pourtant intimement persuadé que le jeune homme était hétéro. Il n’était pas hétéro, à la base ? Sven ne lui avait pas déjà demandé ? … Non. Ce ne fut qu’à cet instant qu’il réalisa que jamais il ne lui avait posé de question sur sa sexualité. Jamais. Il avait toujours pensé qu’il était célibataire par choix, ou par absence de prétendante. M’enfin, il ne s’était jamais douté qu’il était homo, ou même simplement bi. Mais d’ailleurs… Est-ce qu’il l’était ? Ou est-ce que tout cela était nouveau pour lui ? Lentement, machinalement, les doigts du jeune homme se glissèrent dans les cheveux de celui qu’il aimait, les lui caressant tendrement et amoureusement. C’était un réflexe. Et puis, il attendait ça depuis tellement longtemps qu’il ne pouvait qu’en profiter. Enfin en profiter.

« J’ai toujours cru que tu préférais les femmes. » souffla l’ancien militaire avec un petit sourire.

Il pencha légèrement la tête, laissant glisser sa joue contre celle de Nolan, déposant un baiser au coin de ses lèvres en fermant les yeux. Il s’était enfoncé dans le canapé de manière à avoir son visage au même niveau que celui du jeune peintre. Et maintenant, il savourait. Son souffle, son contact, son odeur, sa douceur. Sven aimait tout chez lui. Absolument tout. Sa peau douce et légèrement mate. Ses yeux fins aux prunelles chocolatées, sans cesses animées d’une lueur chaleureuse et euphorique. Son sourire rayonnant et contagieux. Les petites fossettes qui se creusaient dans ses joues lorsqu’il se mettait à rire. Ses cheveux courts et agréables sous les doigts, qui se glissaient entre en provoquant une petite sensation de chatouillis. Sa petite barbe naissante, qui piquait trop peu pour gêner, suffisamment pour être plaisante au toucher. Tout lui plaisait. Tout.

Effleurant à nouveau ses lèvres, l’ancien militaire ne put s’empêcher de sourire. Un sourire naturel, et heureux. Enfin, il tenait son petit être dans ses bras ; il le cajolait, le dorlotait. Il pouvait l’embrasser sans se poser de questions, sans craindre de se faire rejeter. Bien entendu, il se retenait encore un peu ; Sven avait la fâcheuse tendance à être trop pressé et trop avide d’amour. C’était quelqu’un qui en avait terriblement besoin, inconsciemment. Et lorsqu’il aimait quelqu’un, ç’avait tendance à être trop intense trop rapidement. Laura l’avait immédiatement séduit ; il s’était laissé enivrer, porter par l’amour qu’elle lui avait porté. Et voilà où ça l’avait conduit ; tentative de suicide deux ans et demi plus tard. Elle l’avait aimé sans le connaître. Et Sven ne s’en était pas rendu compte avant qu’elle ne le laisse tomber. Et il ne voulait plus se faire avoir. Avec petit bonhomme, il voulait prendre tout son temps. Il le connaissait plutôt bien, mais voulait encore apprendre à le connaître, sous ce nouvel angle cette fois. Celui d’un amoureux.

« Et je me suis même imaginé que tu allais rentrer d’Irlande fiancé. »

Il lâcha un petit rire, avant de se détendre, continuant ses papouilles dans les cheveux du peintre. Finalement, il retourna effleurer ses lèvres, trop désireux de ce contact si nouveau mais qui provoquait déjà une dépendance affreuse, aussi bien à son cœur qu’à son cerveau. Il retourna poser sa tête sur la sienne, ne voulant pas non plus le brusquer, ou quoique ce soit. Puis, il laissa les doigts de sa deuxième main aller se mêler avec ceux de l’irlandais. Et encore une fois, il ferma les yeux. Savourant leur câlin simple mais si agréable. Quiconque aurait vu Sven à ce moment précis ne l’aurait sûrement pas reconnu. Certains si, peut-être, mais la plupart, non. Sven n’était plus qu’un nounours en guimauve. Nounours qui serrait contre lui un petit koala frêle, fragile, et qui avait besoin d’amour. Amour qu’il consentait à lui donner. De bonne grâce. Parce qu’il en avait tout aussi besoin que lui.

Lentement, le suédois se mit à exercer une pression légère sur les doigts de petit bonhomme. Songeant que c’était parfois incroyable, la manière dont une simple personne pouvait bouleverser votre vie, en prendre possession sans que vous ne vous en rendiez compte. Votre cœur se mettait à battre pour elle, sans que vous n’en ayez été informé au préalable. Mais Nolan avait fait encore plus que tout cela. Il avait littéralement transformé Sven. Pas dans sa relation avec les autres, ni dans ses rapports au monde extérieur. Mais avec une partie de lui-même. Cela faisait plus de deux ans que l’ancien militaire avait peur d’aimer. Et à cet instant précis, pourtant, plus rien d’autre que son amour pour Nolan ne comptait. Et ça, c’était un miracle. Tout simplement.

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Nolan E. Mayfield
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Mar 18 Sep 2012, 5:28 pm
Nolan n’y croyait pas. Ou du moins, il avait du mal à se rendre compte de ce qu’il se passait en ce moment-même. Il était allongé contre Sven qui le dorlotait avec énormément de délicatesse et de tendresse. Avec un peu de chance, Nolan allait fini par s’endormir paisiblement sous ses papouilles, ou se mettre à ronronner, qui sait. L’Irlandais se sentait bien. Tellement bien. Un poids d’une lourdeur singulière venait de s’envoler sans même qu’il ait eu le temps de s’en rendre compte. Il avait suffi d’un geste. Tout avait changé en même pas une seconde. Deux êtres se trouvaient enfin. Profitant de la chaleur que procurait le corps de Sven, Nolan en profita pour fermer les yeux et se concentrer sur les battements de cœur du Suédois. Un cœur tranquille, serein. Une remarque du nounours vint cependant briser ce calme et Nolan ne put s’empêcher d’afficher un sourire amusé, sans bouger et sans rouvrir les yeux.

« C’est ce que beaucoup pensaient avant de se rendre compte que ce n’était pas le cas. » confia l’Irlandais entre deux soupirs profonds et apaisés.

Beaucoup, le mot était peut-être un peu exagéré. Nolan était loin du grand séducteur invétéré au tableau de chasse si rempli qu’il en fallait un deuxième. Il n’était pas non plus du genre à chercher absolument l’amour, il laissait les choses faire d’elles-mêmes. Ne jamais forcer le destin à accélérer, juste le laisser suivre son cours. C’est pourquoi le célibat n’était pas un problème pour lui, il retrouverait quelqu’un le moment venu. La positivité incarnée. Et c’est en prenant son temps qu’il avait tout de même eu de belles – ou moins belles – relations tout au long de ses vingt-sept années de vie. Le nombre officiel s’élevait à trois. Officiel car Nolan n’était pas un adepte des soirées sans lendemain. Aucun intérêt quand on ne souhaite que du stable et du durable. Nolan avait attendu, sans vraiment espérer ce que (presque) toute personne normale désirait dans sa vie. Se marier et fonder une famille. Il avait presque réussi à atteindre cet objectif avec son ex-fiancé – oui, aller jusqu’aux fiançailles avec un blaireau pareil, fallait le vouloir. Tout aurait pu être parfait si cet homme n’avait pas tout gâché. Le monde de Nolan s’était effondré comme un château de cartes, finissant par se convaincre que le bonheur se méritait et qu’il n’était définitivement pas pour lui. L’Irlandais n’en dit pas un mot à Sven lorsque celui-ci fit une allusion à sa crainte de le revoir revenir d’Irlande fiancé. Le peintre ne se sentait pas encore prêt à recommencer cette expérience, même s’il savait au fond de lui que le Suédois n’était pas comme celui qui lui avait gâché deux ans de sa vie.

Lentement, Nolan cacha sa tête dans le creux du cou de Sven, y frottant légèrement le bout de son nez. Il avait retrouvé le silence, non pas qu’il ne voulait pas parler, mais il était très timide. Le Suédois l’impressionnait toujours, il avait l’impression d’être un gamin face à lui, bien qu’ils n’aient que deux ans d’écart. Il se sentait comme un enfant qui se tenait tranquille car il avait peur de faire des bêtises. Et pourtant, s’il restait aussi calme, c’était parce qu’il profitait de ce moment de tendresse pour s’habituer à son nouvel amoureux. Son odeur, la douceur de sa peau, ses gros bras musclés grâce auxquels le peintre se sentait protégé. Il ne voulait pas se presser, seulement prendre son temps pour découvrir petit à petit celui qu’il aimait.

« Je crois.. que je t’aime. »

La phrase la plus guimauve et clichée par excellence. Vu de cette manière, c’est vrai qu’entendre cela pouvait paraître extrêmement ridicule. Néanmoins, entendre ces mots de la bouche de Nolan relevait du miracle, et il ne fallait pas les prendre à la légère. Lorsqu’il prononçait les deux mots magiques, Nolan devenait la personne la plus sincère au monde. Il ne mentait jamais, et encore moins sur ce sujet. Et si cela était aussi surprenant venant de lui, c’était parce qu’il ne l’avait plus dit depuis au moins cinq ans ; date de sa dernière – et désastreuse – relation avec un abruti congénital, violent, infidèle et hypocrite. Il avait tout gâché, et l’Irlandais avait eu énormément de mal à s’en remettre, ayant gardé des séquelles physiques et psychologiques. Il a laissé le temps passer, laissant les choses se tasser, en espérant oublier. Mais cela n’avait pas été aussi simple qu’il l’avait voulu. La seule personne qui avait été là pour l’aider s’était faite assassiner, et il s’était de nouveau retrouvé tout seul, à démarrer une nouvelle vie dont il ne connaissait rien et dont il avait peur. Au fil des années, sa peur s’est apaisée, bien que les cicatrices ne se soient jamais entièrement fermées. Aucune vie amoureuse durant cinq ans. Le célibataire endurci ne s’en était jamais plaint, appréciant sa solitude et songeant à finir sa vie seul. Car vivant seul, on risque moins de se retrouver avec un cocard énorme et trois côtes cassées. Mais à cet instant précis, Nolan n’était plus seul. Il avait trouvé une personne qui partageait ses sentiments. Lui qui avait passé des mois à renier ses sentiments évidents pour Sven, il se retrouvait blotti contre lui, heureux, et surtout, follement amoureux. Il était encore un peu réservé – vieille défense de célibataire – mais avoir clairement dit ce qu’il ressentait pour le Suédois montrait qu’il était prêt à faire le pas et à s’engager. Nolan aimait Sven. Il le savait et il savait également que rien ni personne n’allait pouvoir changer ça. C’était comme si tout avait été écrit à l’avance, et Nolan ne pouvait pas corriger ni réécrire les évènements. Et même si par malheur ils devaient se séparer, Nolan l’aimerait toujours, même en essayant de l’oublier. D’une certaine façon, l’Irlandais se sentait lié à cet homme jusqu’au plus profond de son être. Un lien puissant indestructible. Nolan savait ce qu’il voulait, il en était maintenant sûr. Sven avait balayé tous ses doutes et toutes ses interrogations en un baiser. Nolan voulait rester contre lui, respirer son odeur agréable, écouter son cœur battre à l’unisson du sien. L’Irlandais serra un peu plus la main de son nounours – sachant qu’avec sa force de crevette il n’allait pas lui faire bien mal – pour se rassurer, et se dire que tout cela était vrai, qu’il s’était réellement déclaré à Sven et réciproquement.

Et que tous deux allaient enfin pouvoir construire un futur commun après des mois de dénis et de silence.
END.

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